Ils ne se rangent pas tous docilement derrière la terminaison en -er. Certains verbes français, réguliers en apparence, se faufilent dans une catégorie à part et réclament, au présent, le fameux « nous -issons » que tant d’apprenants redoutent ou confondent. Cette mécanique bien huilée n’appartient pas à tous les verbes en -ir, et plusieurs s’en affranchissent sans vergogne.
Identifier ces verbes n’a rien d’un réflexe automatique : il faut s’arrêter sur un détail morphologique trop souvent laissé de côté, qui vient chambouler les certitudes scolaires. Des exceptions s’invitent parfois dans le paysage, et seule une réelle vigilance sur leur construction permet d’y voir clair.
Comprendre ce qui distingue les verbes du deuxième groupe en français
Les verbes du deuxième groupe s’organisent autour d’une logique implacable : une terminaison en -ir à l’infinitif et, surtout, un participe présent en -issant. Voilà le double signal qui les sépare des autres familles. Mais la terminaison ne suffit pas à trancher : partir, dormir, offrir, venir, tous en -ir, se rangent ailleurs, dans le vaste troisième groupe.
Pour y voir plus clair, le verbe finir sert de référence. Choisir, grandir, réussir, bâtir : tous épousent la même cadence. Au présent, « nous finissons » : le -iss- surgit dès la première personne du pluriel. Ce petit segment, discret mais décisif, signe leur appartenance. Il simplifie la maîtrise de leurs conjugaisons et garantit une orthographe stable, loin des surprises du troisième groupe.
Il subsiste malgré tout une subtilité : haïr s’invite avec son tréma capricieux qui disparaît au singulier. Et si ces verbes forment un club restreint comparé à ceux du premier groupe, leur fréquence d’emploi reste élevée, que ce soit dans la langue de tous les jours ou dans l’écrit littéraire. Ils servent à décrire la croissance, l’évolution, les transformations, mais aussi des ressentis ou des actions du quotidien.
Pour ne pas les confondre, un regard attentif sur le participe présent et le radical s’impose : radical + -issant d’un côté, radical + -i au participe passé. Cette structure, une fois comprise, balise le terrain et évite de tomber dans les pièges des verbes irréguliers du troisième groupe.
Exemples concrets et astuces pour conjuguer sans se tromper
Finir, choisir, réussir : ces verbes illustrent la logique implacable du deuxième groupe. Leur conjugaison au présent de l’indicatif obéit à un schéma transparent : -is, -is, -it, -issons, -issez, -issent. Repérez le -iss- dans les formes du pluriel (« nous finissons », « vous choisissez »), et vous tenez un point d’ancrage fiable.
Voici la conjugaison type à chaque temps, à garder à portée de main :
- Présent : je finis, tu finis, il finit, nous finissons, vous finissez, ils finissent
- Imparfait : je finissais, tu finissais, il finissait, nous finissions, vous finissiez, ils finissaient
- Passé composé : j’ai fini, tu as fini, il a fini, etc.
Pour fixer ces terminaisons, l’astuce consiste à créer des phrases mnémotechniques ou à utiliser des cartes mémoire. Associer chaque terminaison à une couleur ou à un geste accélère l’apprentissage. Multiplier les exercices, à l’écrit comme à l’oral, ancre durablement ces formes verbales.
Le modèle de finir reste la boussole. Bâtir, grandir, applaudir : conjuguez-les sur ce canevas. Les enseignants recommandent d’identifier d’abord le radical, puis d’ajouter les terminaisons, en restant attentif à la présence du -iss- aux temps concernés. L’imparfait et le subjonctif présent suivent le même schéma, ce qui renforce la régularité.
Pour le passé composé, l’auxiliaire avoir s’impose avec un participe passé en -i (« elle a choisi », « nous avons réussi »). Plusieurs plateformes de soutien scolaire mettent à disposition des exercices ciblés pour s’entraîner et gagner en automatisme.
Maîtriser ces mécanismes, c’est ouvrir la voie à une conjugaison sans hésitation, où chaque terminaison se place comme une évidence. La régularité du deuxième groupe offre un terrain stable : à chacun d’y ancrer ses repères et de dompter les subtilités du français, un verbe à la fois.


