La technique du bonhomme allumette repose sur un principe simple : dessiner deux petites silhouettes, tracer un lien entre elles, puis le couper. Ce geste symbolique vise à relâcher une tension émotionnelle avec une personne ou une situation qui pèse. L’exercice a été mis au point par Jacques Martel, thérapeute canadien québécois, en 1993. Il s’inscrit dans une approche de développement personnel fondée sur le travail du subconscient et la gestion des liens d’attachement.
Ce que la technique du bonhomme allumette cherche à produire
Vous avez déjà remarqué que certaines personnes continuent d’occuper votre esprit, même quand vous ne les voyez plus ? Une ancienne relation, un collègue qui vous a blessé, une situation de conflit non résolue. Ce que Jacques Martel appelle un lien d’attachement désigne précisément cette connexion mentale et émotionnelle qui persiste.
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L’idée de la méthode n’est pas de nier ce qui s’est passé. Elle cherche à créer une distance intérieure, à travers un acte concret et symbolique. En matérialisant le lien sur papier, puis en le coupant, vous donnez à votre subconscient un signal clair.
La technique peut s’utiliser dans des situations variées : un conflit familial qui traîne, un ex dont on n’arrive pas à se détacher, une peur liée à un événement passé, une relation professionnelle toxique. Elle peut aussi servir avec soi-même, pour travailler une croyance limitante ou une culpabilité persistante.
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Matériel nécessaire et étapes de la méthode allumette
Pas besoin de matériel sophistiqué. Une feuille blanche, un stylo ou un crayon suffisent. Certaines personnes ajoutent des crayons de couleur pour les rayons de lumière, mais ce n’est pas obligatoire.

Voici les étapes dans leur ordre habituel :
- Dessinez-vous à gauche de la feuille sous forme de bonhomme allumette, souriant, avec votre prénom et la première lettre de votre nom de famille.
- Dessinez la personne concernée à droite, de la même façon, avec son prénom et la première lettre de son nom.
- Entourez chaque silhouette de rayons de lumière, puis entourez les deux ensemble d’un grand cercle de lumière.
- Tracez un lien entre les deux bonhommes. Ce lien représente la connexion émotionnelle que vous souhaitez relâcher.
- Prononcez intérieurement ou à voix haute une phrase de libération, du type : « Je te libère et je me libère avec amour. »
- Coupez le lien en traçant un trait dessus, ou en découpant physiquement la feuille entre les deux silhouettes.
- Brûlez ou jetez la feuille. Ce geste final marque la clôture symbolique de l’exercice.
La phrase exacte peut varier selon les sources. Ce qui compte, c’est qu’elle contienne une intention de libération mutuelle, pour vous et pour l’autre personne.
Répéter l’exercice : combien de fois, dans quel état d’esprit
Une seule session ne suffit pas toujours. Pour des liens anciens ou particulièrement chargés émotionnellement, répéter l’exercice sur plusieurs jours consécutifs aide à ancrer la démarche. Le rythme importe moins que la régularité et la sincérité dans l’intention.
L’état d’esprit au moment de la pratique joue un rôle. Choisissez un moment calme, sans interruption. L’exercice demande quelques minutes de concentration, pas davantage. Certains praticiens recommandent de l’associer à une respiration lente avant de commencer, pour favoriser un état de réceptivité.
Si l’émotion remonte fortement pendant l’exercice, c’est un signe que le sujet est réel pour vous. Il ne s’agit pas de le supprimer, mais de l’observer sans le réprimer.
Ce que la technique du bonhomme allumette ne remplace pas
Ce point mérite d’être dit clairement. La méthode des bonshommes allumettes est un outil symbolique de régulation émotionnelle, pas un traitement thérapeutique. Elle peut accompagner une démarche de mieux-être, mais elle ne se substitue pas à un suivi psychologique lorsqu’une difficulté sérieuse est en jeu.
Les recherches disponibles sur le dessin comme activité de bien-être concernent des pratiques artistiques encadrées dans un contexte structuré. Elles ne testent pas spécifiquement ce rituel, et leurs résultats ne permettent pas de conclure que l’exercice « coupe » des liens au sens clinique.
La Miviludes, dans ses recommandations récentes sur les pratiques de bien-être, distingue une pratique inhabituelle d’une dérive réelle. Elle met en garde contre les promesses de guérison définitive et l’incitation à arrêter des soins médicaux. Utiliser la technique des bonhommes allumettes pour prendre du recul sur une relation difficile est différent de la présenter comme un traitement médical. Garder cette nuance en tête protège contre les usages excessifs.
Si vous traversez une période de souffrance intense, que ce soit suite à un deuil, une rupture difficile ou une anxiété profonde, cette technique peut être un point de départ, pas une solution complète. Un professionnel de santé mentale reste la ressource appropriée dans ces situations.
Adapter la technique des bonhommes allumettes à d’autres contextes
La méthode n’est pas réservée aux conflits interpersonnels. Elle s’adapte à d’autres types de situations où un lien émotionnel encombrant est en jeu.
Avec soi-même : dessinez deux versions de vous, l’une qui porte la croyance ou la peur que vous souhaitez relâcher, l’autre représentant qui vous souhaitez devenir. Le lien à couper devient alors une habitude de pensée, pas une personne.
Avec une situation : une peur de l’échec liée à un événement passé, un projet raté qui continue de bloquer. Ici, vous dessinez vous-même d’un côté, et une représentation symbolique de la situation de l’autre.
Avec des enfants : la technique peut être proposée à des enfants en situation de conflit scolaire ou de séparation difficile. Sophie Néel, dans son livre sur la communication positive parents-enfants, en propose une adaptation pour les jeunes. Le dessin rend le travail émotionnel accessible à des âges où les mots manquent.
Dans tous ces cas, l’intention compte autant que le geste. Faire l’exercice distraitement ou par curiosité superficielle produit peu. La disposition à lâcher prise, même partielle, est ce qui active l’utilité de la pratique.
La technique du bonhomme allumette reste un exercice accessible, sans prérequis et sans matériel particulier. Sa force tient à cette simplicité : rendre visible quelque chose d’invisible, pour pouvoir le relâcher. Cela ne résout pas tout, mais cela crée une ouverture.

