Passer d’un taux journalier moyen à un salaire net mensuel suppose de soustraire plusieurs couches de prélèvements dont le poids varie selon le statut choisi. Le calcul TJM vers salaire net n’est pas une simple division : cotisations sociales, frais de gestion, frais professionnels et prélèvement à la source se cumulent et réduisent le montant final perçu sur le compte bancaire.
Cet article détaille chaque étape de la conversion, avec un tableau comparatif pour mesurer l’écart réel entre ce qui est facturé au client et ce qui reste en poche.
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Barème 2026 et prélèvement à la source : ce que les simulateurs omettent souvent
La plupart des outils de simulation affichent un salaire net avant impôt. Le montant viré chaque mois est pourtant amputé du prélèvement à la source, dont le taux dépend du foyer fiscal.
Depuis le projet de loi de finances 2025, le barème de l’impôt sur le revenu a été révisé. Pour les revenus proches du SMIC, le taux réel diminue légèrement. Pour les revenus de cadres freelances, la variation reste marginale. Un consultant facturant un TJM élevé ne verra pas de différence notable, tandis qu’un profil junior en portage salarial peut gagner quelques euros nets par mois grâce à cet ajustement.
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Le taux neutre, appliqué par défaut quand l’employeur (ou la société de portage) ne dispose pas du taux personnalisé, surestime souvent la retenue pour les célibataires sans enfant. Vérifier son taux sur l’espace impots.gouv.fr avant de fixer son TJM évite de découvrir un écart en fin d’année. Simuler son salaire en portage salarial via Weepo permet de mieux anticiper ce résultat net après prélèvement.
Tableau de conversion TJM vers salaire net en portage salarial
Le tableau ci-dessous modélise la conversion pour un consultant en portage salarial travaillant en moyenne une vingtaine de jours par mois. Les frais de gestion de la société de portage sont estimés entre 5 % et 10 % du chiffre d’affaires, et les cotisations sociales représentent environ la moitié du salaire brut reconstitué.

| Étape | Ce qui est prélevé | Impact sur le montant |
|---|---|---|
| Chiffre d’affaires mensuel (TJM x jours travaillés) | – | Base de départ |
| Frais de gestion portage | 5 % à 10 % du CA | Réduit le CA disponible |
| Frais professionnels (déductibles) | Variable selon justificatifs | Diminue l’assiette des cotisations |
| Cotisations sociales (patronales + salariales) | Environ la moitié du brut | Produit le salaire net avant impôt |
| Prélèvement à la source | Taux personnalisé ou neutre | Produit le net réellement perçu |
Le salaire net perçu représente généralement entre 45 % et 55 % du chiffre d’affaires facturé, selon le niveau de frais professionnels déclarés et le taux d’imposition personnel. Ce ratio est la donnée à retenir pour tout freelance qui fixe son TJM.
Cotisations sociales en portage : les ajustements récents qui changent le calcul
Utiliser un coefficient de charges figé pour convertir son TJM en salaire net conduit à des estimations approximatives. Les cotisations sociales des travailleurs indépendants ont évolué ces dernières années.
Deux changements récents méritent attention :
- Les cotisations maladie et allocations familiales ont baissé pour les revenus modestes, ce qui améliore le taux de conversion TJM vers net pour les profils facturant un taux journalier bas.
- La CSG et la CRDS sur certains revenus d’activité indépendante ont été progressivement relevées depuis 2023, ce qui réduit le net pour les revenus plus élevés.
- En portage salarial, les cotisations patronales et salariales sont calculées sur le salaire brut reconstitué après déduction des frais de gestion, ce qui rend le calcul différent de celui d’un micro-entrepreneur.
Un freelance en portage salarial cotise au régime général de la Sécurité sociale. Ce statut ouvre des droits (chômage, retraite, prévoyance) que le micro-entrepreneur ne possède pas, mais le coût est sensiblement plus élevé. Le portage salarial absorbe une part plus importante du TJM en échange d’une protection sociale complète.
Frais professionnels et leur effet sur l’assiette
Les frais professionnels (déplacements, matériel, abonnements logiciels) sont déduits du chiffre d’affaires avant le calcul des cotisations sociales. Plus les frais justifiés sont élevés, plus l’assiette de cotisation diminue, et plus le net après impôt augmente proportionnellement.
Cette mécanique a une limite : les frais professionnels doivent être réels et justifiés par des factures. Les sociétés de portage salarial vérifient les justificatifs avant de les intégrer au bulletin de paie. Gonfler artificiellement ses frais expose à un redressement URSSAF.
Fixer un TJM cohérent avec son salaire net cible
Le raisonnement inverse est souvent plus utile : partir du salaire net mensuel souhaité pour remonter au taux journalier à facturer au client.
La méthode repose sur trois variables :
- Le salaire net mensuel cible, prélèvement à la source inclus.
- Le nombre de jours effectivement facturables dans le mois (rarement plus d’une vingtaine, en comptant congés, prospection et intercontrats).
- Le taux de conversion global, qui intègre frais de gestion, cotisations sociales et impôt. Diviser le net cible par ce taux donne le chiffre d’affaires mensuel nécessaire, puis diviser par le nombre de jours travaillés produit le TJM minimum.
Un consultant qui sous-estime ses jours non facturés (formation, prospection commerciale, congés sans solde) fixera un TJM trop bas. En portage salarial, les jours d’intercontrat ne génèrent aucun revenu sauf activation des droits au chômage sous conditions. Compter 200 à 220 jours facturables par an reste une base réaliste pour un freelance actif.

Portage salarial ou micro-entreprise : l’écart de conversion mesuré
À TJM identique, le salaire net diffère selon le statut juridique. En micro-entreprise, les cotisations sociales sont calculées sur le chiffre d’affaires brut avec un taux forfaitaire. En portage salarial, elles sont calculées sur un salaire brut reconstitué après déduction des frais de gestion et des frais professionnels.
En revanche, le micro-entrepreneur ne bénéficie ni de l’assurance chômage, ni de la mutuelle collective, ni de la cotisation retraite complémentaire obligatoire. Le portage salarial coûte plus cher en prélèvements, mais génère des droits sociaux que le freelance en micro-entreprise doit financer séparément s’il les souhaite.
Le choix entre les deux statuts ne se réduit pas à un pourcentage de charges. Il dépend du niveau de protection sociale recherché, de la régularité des missions et de la capacité à justifier des frais professionnels significatifs. Pour un TJM élevé avec peu de frais déductibles, la micro-entreprise laisse souvent un net supérieur. Pour un consultant avec des frais de déplacement réguliers et un besoin de couverture chômage, le portage salarial compense l’écart.
La donnée à retenir reste le ratio net perçu sur chiffre d’affaires facturé. Calculer ce ratio avec ses propres paramètres (taux d’imposition, frais réels, jours travaillés) donne un TJM plancher en dessous duquel accepter une mission n’a pas de sens financier.

